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Dans les coulisses avec les pisteurs-secouristes des Contamines

, 31 janvier 2013, pas de commentaire, 1235 vues.

 

Les pisteurs des Contamines font un travail habile et parfois dangereux, sécurisant les pistes tous les jours pour notre plaisir. Récemment je suis partie à la découverte pour une journée entière avec ces Men in Black… et jaune.
Je pensais connaitre le travail des pisteurs, plus ou moins en tout cas. Et quand j’ai eu l’occasion récemment de me joindre à eux pour en savoir plus, j’ai sauté sur l’opportunité !

Jean Yves Duperthuy est le Directeur des Pistes aux Contamines. Il y a 16 pisteurs-secouristes dans son équipe. Seulement 16 ? Ils semblent être partout, je pensais qu’ils étaient plus nombreux !
C’était ma première surprise de la journée.

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8 h 15… à cette heure-ci la plupart des gens sont toujours au chaud dans leurs chalets et le parking est encore merveilleusement vide mais, à l’arrière de la télécabine de Montjoie, le vestiaire est très animé.

8 h 25… « Pas par là» dit Rémi Favre, me guidant à l’écart de l’escalier de la télécabine, « nous sommes stationnés là-bas. »

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Alors que le jour se lève, ma journée avec les pisteurs commence par une promenade en motoneige jusqu’au Signal. C’est un voyage étonnamment rapide, plus rapide que de prendre les remontées il me semble, ou peut-être c’est juste que je m’amuse beaucoup : j’ai toujours voulu monter sur une motoneige !
Première escale : la station météorologique au Signal.
Rémi contrôle l’épaisseur de la neige, sa densité, la taille et la forme des cristaux. C’était une nuit claire et pourtant le panneau laissé sur la surface hier est désormais sous 65 cm de neige soufflée par le vent. C’est un avertissement : un signe que le vent a probablement transporté des quantités importantes de neige vers le haut, près des crêtes qui pourraient causer un risque d’avalanche.
De retour à l’intérieur, il saisit toutes les données dans le système de Météo France.

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8 h 50… Pas de temps à perdre, car il y a des pistes à ouvrir.

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Nous vérifions les pistes soigneusement, replaçons des poteaux et panneaux d’avertissement. Rémi signale que son secteur est prêt pour l’ouverture et à travers sa radio on entend l’écho de ses collègues pisteurs en train de faire la même chose. C’est une belle journée et sans doute les skieurs s‘impatientent mais personne ne va nulle part jusqu’à ce que les pisteurs en donnent l’autorisation.

Vers 9 h 15… Les skieurs commencent à sortir de la télécabine du Signal. C’est parti pour une nouvelle journée au ski.
Je m’arrête au Poste de Secours du Signal et une fille entre en même temps. Elle s’est coupé la main. Les pisteurs nettoient rapidement la plaie et mère et fille retournent vite au soleil. La radio crépite qu’un surfeur est en difficulté dans le ravin du Nant Rouge.
Et c’est ainsi que la journée continue mais il n’y a pas de routine, bien au contraire. Je m’en rends compte par les discussions que j’ai pu avoir avec eux. Individuellement 2 d’entre eux me confient que ce qui est génial dans ce métier c’est cette responsabilité et cette liberté d’effectuer le travail comme ils jugent bon de devoir le faire.

Bien sûr, il y a des tâches et procédures obligatoires. Et il y a un rythme à la journée, marqué par l’ouverture des pistes le matin et la fermeture en début de soirée. Il y a même un rythme aux sauvetages car la plupart des accidents ont tendance à se produire entre 11 h 30 et 15 h 30 (sans doute simplement parce que c’est à ce moment là que la plupart des skieurs sont sur les pistes).
Mais l’univers de travail d’un pisteur n’est pas comme dans une usine ou un bureau. Il s’agit de la montagne, avec ses éléments naturels. Aucun jour n’est le même et il est clair que les pisteurs sont fiers de leurs compétences et de leurs capacités de juger où ils doivent être et ce qu’ils doivent faire pour assurer la qualité et la sécurité du domaine skiable pour notre simple plaisir.

Par exemple, il peuvent décider d’effectuer des patrouilles pour vérifier l’état des pistes et repérer des dangers potentiels, ou bien décider du bon moment pour ouvrir des pistes comme
la partie supérieure de Grevettaz ou encore de réaligner le balisage d’une piste comme l’Olympique…
Ou tout simplement de rester dans les parages du Poste de Secours pour informer les skieurs…

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Bruno Bourlière donne des conseils sur les conditions hors-piste.

Les pisteurs sont là pour aider : personne ne connaît mieux qu’eux les conditions sur le domaine skiable. Pensez à leur demander!
La journée passe rapidement. Le déjeuner est pris avec les radios allumées et l’un d’eux reste toujours de service.
15 h 45… Juste le temps pour une tasse de thé, puis le télésiège des Tierces devient silencieux, le signal pour nous de partir fermer les pistes.

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16 h 05… Sur la dernière remontée à l’Aiguille Croche, nous arrivons au point culminant du domaine skiable sous le soleil de fin de journée.

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Jean-Luc Magnat, Hervé Revilliod, Yannick Drappier & Frédéric Eva

Les derniers skieurs descendent mais avant que nous puissions suivre et fermer officiellement la piste, les pisteurs ont repéré deux snowboarders hors piste.

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Les skieurs hors piste le font à leurs risques et périls, mais les pisteurs gardent toujours un œil vigilant.
La fermeture des pistes n’implique pas seulement de descendre en dernier ! Les pisteurs regardent dans les creux des pistes et derrière les chalets – « Les gens s’y attardent souvent» explique Yannick – afin de s’assurer que personne ne reste sur le domaine skiable et ouvrent la voie pour les dameuses du soir.

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16 h 45… Il est tard, mais il y a encore un sauvetage sur les pistes. Je grimpe à l’arrière de la motoneige pour la deuxième fois aujourd’hui . Une fois la personne placée dans le traîneau, nous remontons jusqu’au Signal pour y laisser la motoneige et finir le chemin à ski jusqu’au village.

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17 h 15… La jeune femme n’est pas gravement blessée et part ensuite chez le médecin. Hervé termine toute la paperasse et prépare le traîneau pour demain.

Ils sont hautement qualifiés et suivent des procédures strictes afin de minimiser les risques mais le fait que deux patrouilleurs d’avalanches soit morts dans des accidents aux États-Unis en décembre nous rappellent à quel point ce travail peut être dangereux.

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Il fait nuit, la journée touche à sa fin pour nous.
Un grand merci au Directeur des Pistes, Jean Yves Duperthuy et à tous les pisteurs de m’avoir montré les ficelles du métier et pour tous leurs efforts au cours de la saison.

Les Chiffres

• 16 pisteurs secouristes travaillent sur l’ensemble du domaine Les Contamines-Hauteluce
• 0 femmes cette année… mais il y en a eut jusqu’a 4 (allez les filles!)
• 9 pisteurs sont qualifiés pour manipuler des explosifs (artificiers) et déclencher des avalanches
• 4 sont spécialisés dans la nivo-météo
• 8200 le nombre de skieurs et boarders sur les pistes les jours les plus fréquentés
• 17 Le plus grand nombre d’accidents en une journée la saison dernière nécessitant l’aide des pisteurs
• 25 kg Le poids d’un traîneau de sauvetage vide

Prévention d’avalanches

Deux jours plus tôt la patrouille avalanche était sortie à 06h00 du matin avec des frontales afin de sécuriser les pistes après les fortes chutes de neige récentes.
Quand cela est possible, les systèmes de déclenchement à distance sont utilisés afin de minimiser le risque. Les Contamines possèdent des tubes de Gazex au-dessus de Tierces et vers Véleray et un avalancheur sur l’Aiguille de Roselette. Exceptionnellement, un hélicoptère peut être appelé en renfort. Ailleurs, les pisteurs doivent se positionner là où ils peuvent lancer des explosifs sur une pente chargée pour essayer de déclencher une avalanche.

Marita

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