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Les secrets des plantes de montagne

, 24 août 2015, pas de commentaire, 715 vues.
Comment transformer un silène en pétard ?

Comment transformer un silène en pétard ?

 

Connaître les secrets des plantes de montagne : un programme passionnant mais très ambitieux pour moi, touriste amoureuse de la montagne mais vraie citadine. Voici mes impressions sur cette visite-découverte proposée par l’Office du Tourisme et la Réserve Naturelle des Contamines-Montjoie.

Première bonne surprise au moment de l’inscription : la découverte est prévue en petit groupe, et les enfants sont les bienvenus à partir de 6 ans. Avec mes deux kids de 10 ans et 7 ans, pas de souci, donc ! Rendez-vous pris sur le parking du Parc Nordique, à proximité du Parc de loisirs du Pontet.

C’est Astrid, une animatrice d’ASTERS, l’organisme gestionnaire des réserves naturelles de Haute Savoie, qui encadre le groupe. L’accueil est sympathique, le groupe l’est tout autant ! Contre toute attente, nous n’allons cependant pas jusqu’à la réserve naturelle des Contamines pour notre observation de la flore, qui est pourtant un formidable réservoir de flore protégée : dans les réserves naturelles, il est interdit de cueillir, nous ne pourrions donc observer les plantes que de loin. Notre guide nous amène donc sur d’autres sentiers, où nous pourrons à loisir cueillir les fleurs et même les disséquer. Curieusement, nous n’allons même pas très loin pour commencer notre observation : les abords du parking sont déjà riches de spécimens très intéressants, quand on sait regarder !

Des plantes aux vertus médicinales

Le Chénopode bon Henri, ou épinard sauvage

Le Chénopode bon Henri, ou épinard sauvage

Nous découvrons vite le millepertuis perforé, que nous apprenons à reconnaître en plaçant ses petites feuilles à la lumière : elles laissent apparaître de petites perforations, invisibles quand on l’observe au sol. Outre ses jolies fleurs jaunes, la plante a une vertu très intéressante : elle apaise les coups de soleil. Notre guide nous apprend cependant à l’utiliser avec vigilance, car elle est aussi photosensibilisante : à utiliser le soir après le soleil, mais surtout pas le matin, sinon elle ferait plus de mal que de bien !

Nous trouvons aussi côte à côte deux plantes très complémentaires : l’ortie dioïque, dont les caractéristiques urticantes sont bien connues, et son « antidote », le plantain majeur, qui apaise les piqûres d’orties. Je teste le plantain, sur une piqûre d’ortie qui date d’un peu plus tôt dans la journée : après quelques minutes d’application, l’urticaire se calme sensiblement. Nous redécouvrons un à un les secrets que les anciens, qui ne disposaient pas de la pharmacopée moderne, utilisaient au quotidien.
Au gré d’une balade de trois bonnes heures, soigneusement préparée et balisée par Astrid, nous découvrons le Chénopode bon Henri, plus communément connu sous le nom d’épinard sauvage (à faire cuire comme nos feuilles d’épinard bien connues), l’Oxalys petite oseille, qui donne un goût relevé et un peu amer aux salades, la vipérine, qui soignerait les morsures de vipère (je n’ai néanmoins pas testé l’efficacité, mon dévouement à la science ayant ses limites). Et aussi l’Achillée millefeuilles, qui est utilisée comme le Génépi pour faire localement un alcool fort, le Lamier blanc, qui a des vertus digestives, la Menthe sylvestre

Mais aussi des plantes moins sympathiques, invasives ou toxiques

La baie toxique de la Parisette

La baie toxique de la Parisette

J’ai aussi pu apprendre à reconnaître les quatre principales plantes invasives locales, ainsi que les programmes des acteurs locaux pour limiter leur prolifération : le Solidage verge d’or, le Buddélia de David, la balsamine de l’Himalaya et la Renouée du Japon (qui d’ailleurs ne viennent ni de l’Himalaya ni du Japon, nous apprend Astrid). Les enfants ont été particulièrement intéressés par les baies toxiques aux jolies couleurs, comme le Sceau de Salomon ou encore la Parisette, et encore davantage par le Silène enflé, qui permet, avec un peu de pratique, de fabriquer de minuscules pétards. Mes petits parisiens ont beaucoup apprécié !

Au travers de la découverte de toutes ces plantes et de leurs secrets, notre guide nous a, l’air de rien, sensibilisé aux risques inhérents à l’utilisation des plantes sauvages, comme l’échinococcose, à la préservation de la flore et au travail de protection et d’information de la réserve naturelle. Nous sommes repartis de cette visite-découverte avec les secrets promis par notre guide, et aussi de bons réflexes pour mieux respecter les plantes, mieux les identifier et mieux les utiliser. Pari tenu !

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