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Nicolas Raffort : son ascension en descente !!!

, 9 avril 2014, pas de commentaire, 1485 vues.

ITW d’un sportif de haut niveau

Après plusieurs blessures, qui ont induit des années de galère, Nicolas revient au-devant de la scène et fait honneur à son village : il ouvre la saison avec un podium en coupe d’Europe et ne s’arrêtera pas là… Sa spécialité: la VITESSE (Descente et Super G).

Oui, quand on est audacieux, téméraire, « le plus casse-cou de la bande », dit-on aux Contamines (!) mais surtout volontaire, persévérant , tenace, qu’on est bien entouré et qu’on a du talent, on parvient à gravir les marches des podiums, en descendant vite, très vite, très, très, très vite : moins de 2 min pour dévaler une pente souvent raide, tantôt gelée, ondulée, avec des rails qui surprennent ; adapter ses courbes, retomber bien à plat  après des sauts spectaculaires, tenir la ligne, ne pas déraper, garder la trajectoire sur un parcours de 3.5km et une dénivelée de 900m…ou plus….

 

Etre bien dans sa tête, y croire et vouloir gagner !

Les pistes des Contamines que nous apprécions tant, un peu moins longues ou moins pentues,  aux reliefs plus doux sont sans rivales pour apprendre à aimer les grandes courbes et la vitesse, se prendre au jeu et réussir…

En effet, Nicolas est un pur Contaminard, né au pied des pentes et des alpages en 1991, qui a fait ses premières glissades vers l’âge de 2 ans et n’a pas tardé à se faire plaisir sur Croche ou l’Olympique.

Ses parents Sylvie et Jean-Lou sont très impliqués dans la vie des Contamines tant l’hiver que l’été. Son papa Jean-Lou a travaillé  pendant près de 10ans à la Fédération Française de Ski, en tant que videoman attaché à l’Equipe de France de Ski: une tâche délicate à haute responsabilité. Il a ainsi accompagné la délégation française sur trois olympiades, chargé d’un encombrant matériel de vidéo : Innsbruck en 1976,  Lake Placid    en 1980 et Sarajévo en 1984. Des souvenirs qui restent et qui vont ressurgir, le jour où….

Ce soir  18 février, 18h :

J’ai rendez-vous avec Nicolas à la brasserie des Rhodos : le point de chute incontournable des sportifs de la station, champions ou amateurs qui suivent avec fougue toutes les retransmissions  en live dès les premières heures du jour : décalage horaire oblige. C’est dire comme ça vibre ici depuis le début des JO de Sochi !!!!

C’est donc là que je rencontre Nicolas, fortuitement entre 2 compétitions : une petite pause parmi les siens, ses amis,  ses copains, avant de retourner sur une Coupe du Monde dans quelques jours à Kjitfjell en Norvège

Les courses se succèdent à une cadence d’enfer durant toute la saison, entrecoupées de trop courtes périodes de récupération. C’est difficile  de pouvoir le « happer » pour parler un peu.

 

Le cursus de Nico:

Nicolas, tu es entré au ski-club des Contas vers l’âge de 5 ans : pourquoi ?

Mais naturellement, par tradition, comme la plupart des enfants des Contamines. C’est là qu’on apprend à skier, à effectuer les bons gestes ; on peut y aller souvent, comme les autres, avec les autres, on commence à rivaliser. C’est dans cet encadrement, grâce aux entraineurs et soutenu par mes parents que j’ai fait mes premières courses, depuis la catégorie microbes (U 10) sur des compétitions à l’échelon local.

Et tu as accroché parce que ça marchait bien ?

Oui, j’avais beaucoup de plaisir à skier, et je voulais être devant les autres, ça a toujours été ainsi.

Donc tu abordes les catégories d’âge supérieures avec des résultats qui te dynamisent, mais déjà dans les disciplines de vitesse ?

La vitesse ? Non pas encore. Ce n’est d’ailleurs qu’à partir des catégories minimes/cadets (U16 et plus) qu’on nous initie à toutes les disciplines ; j’étais meilleur en technique (Géant  et Slalom) ; il y a aussi moins d’entrainement en Descente et super-G.

Et le déclic vers le haut-niveau ?

Mes résultats aux Championnats de France minimes ou j’ai été vice-champion de France en Géant et dans le top 5 en Slalom. Ça m’a valu le droit d’intégrer le pôle France d’Albertville pour mon entrée en seconde.

Dis- moi comment se déroule la scolarité

On prépare le BAC en  4 ans au lieu de 3. Toute la saison d’hiver est consacrée au ski et les cours sont interrompus jusqu’en avril (avec juste quelques devoirs à rendre par correspondance « pour ne pas perdre le fil…). Pendant la période scolaire les cours ont lieu le matin, et à partir de 14h, c’est la préparation physique.

Et l’hiver ?

En intégrant le pôle France à Albertville, je suis rentré au Comité Mont-Blanc : c’est lui qui a désormais géré mon programme sportif : entrainements et compétitions l’hiver. Malheureusement j’ai vécu plusieurs saisons de galère interrompues à cause de blessures qui m’ont retenu à l’écart pendant de longues périodes, avec des séjours en centres de rééducation, des séances de kiné… 

  • Entorse du genou (3mois)
  • Une cheville (1 an de récupération)
  • Plus récemment problèmes au dos…

Et pourtant tu as su assumer et continuer tes études ?

J’ai obtenu mon BAC en 2010, puis j’ai fait un DUT de commerce à Annecy. J’ai obtenu mon diplôme au printemps 2013 et je projette la préparation d’une Licence en Marketing en 2 ans avec la perspective de rester dans le milieu sportif.

 Comment es-tu arrivé à faire de la vitesse ?

Ça s’est fait naturellement, très progressivement, par les sensations ; peu à peu ça m’a convenu davantage, je me faisais de plus en plus plaisir, et j’ai commencé à faire des résultats.

Et la famille ?…

Ils me soutiennent à fond !

 

La vie d’un athlète de haut niveau

Tes résultats de la saison passée t’ont permis d’entrer en Equipe de France B depuis le printemps 2013. Comment ça se passe ?

Nous sommes un groupe de 14 très soudés, de 19 à 30 ans, il y a une bonne ambiance. Seulement 2 descendeurs, 4 ou 5 polyvalents et les autres en technique.

Un coach nous suit toute l’année pour la préparation physique et nous avons 4 coaches attachés à notre groupe pour ce qui est du ski, dont un en vitesse.Trois techniciens entretiennent le matériel pour l’ensemble du groupe.

Comment se déroule une année sportive ?

Après les dernières courses de la saison, Le ski recommence dès le mois de juin par des entrainements sur glacier à Tignes Val d’Isère, ou en Suisse, à Zermatt.

En août-septembre, nous partons un mois à Ushuaia en Argentine, puis revenons sur Tignes vers fin octobre, avant les derniers entrainements, cette fois sur neige de culture dans les stations de haute altitude qui peuvent déjà faire fonctionner leurs usines à neige…   

Et les courses commencent début novembre ?

Oui, toutes les Coupes d’Europe s’échelonnent jusqu’à mi-mars.

Sans compter les Coupes du Monde pour lesquelles  tu peux te qualifier ! Comment « récupérer » entre les épreuves ?

C’est difficile, on est longtemps absent de la maison ; il faut dormir suffisamment. Et poursuivre la préparation physique, même de façon autonome, en suivant le programme du coach.

 

La santé et le mental

Pas de prépa mentale ?

Non, je n’en ressens pas le besoin, contrairement à quelques autres ; j’ai essayé, mais ça ne m’a rien apporté.

Et sur le plan médical ?

Nous sommes très bien suivis, toute l’année, par un médecin de la Fédé qui nous soumet à des contrôles réguliers : analyses, tests d’effort etc…et aux Contas, je consulte Laurence (Guffond) : elle est super

Du fait de tes blessures, as-tu parfois pensé à renoncer ?

Nicolas me regarde, hoche la tête :

Non.

 

Perspectives à court terme

Quels sont tes projets après tes brillants résultats de cette saison ?

J’espère intégrer l’équipe de France A dès la prochaine saison, et être dans le top 3 en Coupe d’Europe ce qui me donnerait une place NOMINATIVE en Coupe du Monde. Dans quelques jours je repars en Norvège, non loin d’Oslo pour une Coupe du Monde  en descente.

La jolie Federica BRIGNONE est ton amie, et comme pour toi, le ski est aussi sa passion…c’est bien…

Un petit sourire attristé car Federica s’est blessée ce matin dans le Géant des JO…elle pouvait espérer une médaille…

Je laisse Nicolas aller aux nouvelles, persuadée qu’il poursuivra une brillante carrière de descendeur, et en lui souhaitant d’être souvent « on the box », dans les compétitions les plus prestigieuses.

 

Début mars :

Près de 3 semaines se sont écoulées, et Nicolas a voyagé de la Norvège à Andorre, entre Coupes du Monde et courses FIS, chahuté par un calendrier chaotique, compte-tenu des reports  ou annulations de courses dûs aux caprices de la météo. Il faut savoir s’adapter…

Hier, à Grandvalira il monte sur la deuxième marche du podium en Super-G, et termine 3ième en Descente !

 

Merci  Nicolas, et à bientôt, au portillon, pour une descente « en live » …

Sylviane

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