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Rencontre avec Loïc Le Pallec, auteur

, 6 août 2013, pas de commentaire, 1183 vues.

 

Loïc Le Pallec déclare se considérer comme un auteur et non comme un écrivain. Il va parfois jusqu’à dire que son ambition secrète et d’arrêter d’écrire, sans doute parce que l’écriture est un travail exigeant, long et souvent frustrant. La rédaction de No man s land, son premier roman à être édité, s’est construite en grande partie aux Contamines durant l’hiver 2011/2012. Comment notre village a-t-il influencé cet étonnant roman de science-fiction?

Bonjour Loïc, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

L.L.P : Je suis originaire d’un petit village de Normandie, j’ai 52 ans. J’ai découvert la science-fiction à l’âge de 11 ans en lisant un roman de Leigh Bracket. Aussitôt séduit j’ai exploré le vaste univers qu’offre les récits d’anticipation pendant toute mon adolescence. Je me suis ensuite tourné vers d’autres genres littéraires après avoir été renvoyé du lycée à l’âge de 17 ans pour des raisons qui demeurent encore obscures à mes yeux aujourd’hui…
Je vis à Montréal depuis une vingtaine d’années, mais je séjourne dans les alpes dès que j’en ai l’occasion pour des périodes qui peuvent s’étendre sur plusieurs mois.

J’écris principalement de la science-fiction pour essayer de donner envie aux lecteurs de redécouvrir un genre qui est souvent considéré – à tort selon moi – comme un art mineur. La science-fiction c’est un peu comme le jazz où la musique classique, une multitude de styles, des univers très différents.

Que représentent les Contamines-Montjoie pour vous ?

L.L.P : C’est un peu mon « camp de base » montagnard depuis maintenant 20 ans. J’y apprécie le calme et le silence, sans parler du panorama…
J’aime commencer à écrire avant le lever du jour, c’est une ambiance très intime. Et j’aime surtout partir en randonnée car un roman ne s’écrit pas uniquement devant son ordinateur, il se structure également lors des réflexions qui vous traversent pendant que vous marchez. Il existe pour moi un lien logique entre écriture et montagne. Décider d’écrire un roman, c’est un peu comme envisager l’ascension d’un sommet. Vous vous faites une idée de la vue que vous aurez quand vous atteindrez le point culminant, mais dès que vous entamez l’ascension, vous perdez tout recul. Vous pouvez vous tromper sur l’itinéraire, avoir sous-estimé le temps qu’il vous faudra pour parvenir à vos fins, vous décourager, être pris par l’envie de renoncer… La montagne c’est l’école de la ténacité et de l’humilité. Il se peut également que vous arriviez là-haut et que la brume vous prive du plaisir de la vue. Et quand vos attentes se trouvent comblées il est possible que votre éditeur vous dise :
« Oui, évidemment, c’est pas mal, mais je préférerai que tu recommences en grimpant par la face nord… !»

Aujourd’hui, je pratique surtout la moyenne montagne et je fais pas mal de vtt, parce que le fait de pédaler entraîne également les engrenages de mon cerveau. L’hiver je pars souvent en raquettes ou je vais faire du snowboard, sport que je me plais à envisager comme une forme de Tai-chi accéléré…

Et puis les Contamines, c’est un petit village, alors quand je vais prendre un café, je rencontre forcément des gens que je connais et c’est agréable de s’arrêter un peu pour converser. L’hiver dernier, j’ai pu y séjourner 4 mois pour me consacrer à l’écriture de No man’s Land et j’espère que je pourrais réitérer l’expérience.

Justement, parlez-nous de votre livre. L’action se déroule-t-elle aux Contamines ?

L.LP : Non, il s’agit d’un roman de science-fiction qui met en scène des robots devenus soudainement conscients après la disparition de l’humanité. Des entités isolés qui se retrouvent sans trop savoir pourquoi dans une petite ville abandonné ou ils vont peu à peu établir une communauté. Ces robots, initialement fabriqués par des humains seront-ils capables de se libérer des programmations de leurs concepteurs? Un robot peut-il se faire des amis, tomber amoureux, se poser des questions sur l’existence de Dieu?

Je suis un vrai mordu de cinéma et j’ai suivi une formation de scénarisation en court métrage, alors j’essaie toujours de créer des livres qui peuvent se lire comme si l’on était en train de regarder un film. La sortie de No man’s land est prévue pour le 28 Aout en France et au Québec dans la collection Exprim des éditions Sarbacane.

L.L.P : Oui, je suis en train d’élaborer un site web avec l’aide d’un de mes amis Montréalais. On pourra y découvrir, entre autre, le synopsis, des illustrations et la musique originale du livre. Nous voudrions nous servir de ce site pour créer un espace de collaboration et d’échanges, un réseau de contacts où se mêleraient professionnels et amateurs, désireux de participer à un projet commun. Pour l’instant l’idée semble plaire, nous établissons tranquillement des contacts avec des gens qui nous proposent leurs talents de musiciens, d’illustrateurs. Ce que j’aimerais vraiment c’est organiser un concours d’illustrations pour savoir comment les lecteurs imaginent les robots du roman…

Armelle

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