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« Un métier qu’il faut faire avec passion »

, 25 juin 2014, un commentaire, 1148 vues.

 

Roger Mattel, 70 ans, agriculteur aux Contamines :

Une lueur de fierté dans le regard et dans la voix, Roger Mattel accueille les visiteurs dans son antre, en annonçant fièrement que “des fermes dans ce genre-là, vous n’en verrez pas deux dans les environs!” Fils, petit-fils, arrière-petit-fils de Contaminard — son arrière-grand-père avait fondé l’hôtel de Nantborrand —, l’agriculteur cultive son jardin et ne changerait de vie pour rien au monde. “Ce métier, il faut le faire avec passion, sinon, on ne tient pas très longtemps”, concède-t-il en déambulant dans l’étable accolée à sa maison.

Lorsqu’il est enfant, Roger aide ses parents au coeur de l’exploitation familiale. A l’époque, il n’y a pas beaucoup de bétail et pour compléter ses revenus, il travaille en hiver en scierie, sur les chantiers, dans l’hôtellerie. Puis à l’âge de vingt ans, il hérite de la ferme de sa mère, celle où il habite toujours, cinquante ans plus tard.

Les années ont passé, le troupeau s’est réduit : une vingtaine de moutons et sept vaches, de la race Abondance et Herens. La fameuse vache noire de la région, au caractère bien trempé est une petite célébrité grâce aux combats des reines, organisés chaque année dans la région. Lors d’une grande fête de village, les vaches s’affrontent et mesurent leur force, dans un duel qui se termine toujours sans dommages.

Roger est un adepte de la discipline. Dans son salon, trônent une petite dizaine de cloches, signes de victoire pour ses bêtes. “Et encore, tous les trophées ne sont pas là”, annonce fièrement Roger Mattel. “Cette tradition est née dans la vallée de Chamonix, raconte-t-il, après guerre.” Dans les années quatre-vingt, le fermier part en Suisse avec des copains. Tous achètent quelques bêtes et se prennent au jeu. “C’est devenu un moyen de nous retrouver, d’échanger, et de garder vivant un pan de notre culture…”.

Aujourd’hui, le fermier entretient son petit troupeau, à la fois pour le lait et pour la viande. Et garde une ou deux bêtes pour les combats. Au fil des années, il a vu le nombre de fermes se réduire comme peau de chagrin dans la région. Mais il poursuit sa route, pour l’histoire familiale. Une histoire familiale qui continue de s’écrire aujourd’hui encore puisque sa fille s’est lancée dans la fabrication de fromage…

 

Photos : © Zir

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Un commentaire

  1. sophie stassain dit :

    Roger est genial …
    nous avons visité sa ferme l’année passée quel souvenir … merveilleux